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Herbert Léonard


Herbert Léonard - Hubert Loenhard de son vrai nom - naît à Strasbourg le 25 février 1945.

Automne 1965 : Herbert, qui vient de terminer son service militaire, fait partie d'un groupe amateur à Strasbourg, "Les Jets". Il joue tous les week-ends dans un dancing, Le Sporting, qui accueille "Les Lionceaux" en décembre pour animer toutes les soirées jusqu'à la fin de l'année. Les Lionceaux cherchent un guitariste et après "un boeuf" avec les Jets, ils demandent à Herbert s'il désire se joindre à eux. Il accepte avec joie.
Le 3 janvier 1966 Herbert se trouve alors avec les Lionceaux en première partie de la tournée de Chuck Berry qui commence à l'Olympia, avec Antoine, Ronnie Bird et Memphis Slim.

Herbert ( qui s'appelle encore Hubert Loenhard ) reste avec les Lionceaux jusqu'à leur séparation durant l'automne 66.
Malheureusement, ils n'enregistrent aucun disque avec lui et ce, malgré la réalisation de quelques maquettes. Mais leur directeur artistique, Lee Hallyday, décide de produire le premier album d'Herbert Léonard.
Il est en effet sensible aux quelques chansons rythm 'n blues qu'Herbert chante avec les Lionceaux.

Herbert Léonard signe alors chez Philips sur le label Mercury.
Dans la foulée, il se retrouve à New York au Talent Master Studio où se font la plupart des meilleurs enregistrements de rythm 'n blues.
Là, il étonne les musiciens noirs l'accompagnant par son phrasé et son expressivité. En effet, ce jeune homme a le mérite non seulement d'écrire la plupart de ses chansons ou d'adapter les grands succès américains du moment ("I've been loving you too long" d'Otis Redding) mais aussi d'en faire les arrangements musicaux et de s'accompagner lui-même à la guitare.
Le résultat est ce magnifique album, très soul, très américain, le tout premier d'Herbert en solo: "Si je ne t'aimais qu'un peu". Il sort en 1967.

Le succès est au rendez-vous. L'année suivante Herbert évolue dans une veine plus pop, sans renier le rythm 'n blues.
Il frappe très fort avec sa reprise du slow "Something's gotten hold of my heart" de Gene Pittney : ainsi l'album "Quelque chose tient mon coeur" sort en avril 1968.
Y figurent l'adaptation de "The Letter" ainsi que "Mère", co-écrits par Vline Buggy, sa future parolière et productrice.
Sur scène, Herbert Léonard fait aussi largement ses preuves en se produisant en première partie de la tournée '67 de Johnny, puis sur celle de Sylvie Vartan à l'Olympia en 1968 où il crée deux nouvelles chansons : "Pour être sincère" et "Il neigeait sur le Danube bleu", toutes deux promises au succès populaire.
Toujours en collaboration avec Lee Hallyday "Tel Quel" est publié en 1969.

Herbert Léonard a failli finir sa carrière de chanteur dans l'oubli.
Victime d'un terrifiant accident de voiture en 1970, il se retrouve seul, sans équipe.
Heureusement, l'année 1971 marque une rencontre tout aussi inattendue que privilégiée, celle de Gérard Manset avec lequel Herbert entreprend la réalisation de "Trois pas dans le silence".
Herbert passe au plan de compositeur et exploite des ambiances moins rigides. Herbert va aussi concrétiser une collaboration de taille avec Bernard Estardy au studio CBE.
Elle avait déjà commencé avec quelques mixages sur l'album "Si je ne t'aimais qu'un peu" et elle va durer ... plus de trente ans !

Mais les années 1970 demeurent musicalement très chaotiques pour Herbert. Il va changer successivement de trois labels dont Suzelle, Tonus Records et ... Barclay ! On retiendra le très paternel "Mon fils" (1975) et le non moins équivoque mais rythmé "Je suis Dieu dans mon église" (1977).

Passionné d'aéronautique, Herbert va parallèlement commencer une brillante carrière de journaliste, principalement dans "Aviation Magazine", écrivant avec ferveur des articles hyper documentés sur l'aviation russe des années 30-40.
A ce jour, Herbert publie encore des ouvrages sur le sujet. Une édition prestige sur les Stukas russes d'avant guerre est en effet parue en 2001.

Herbert le chanteur renaît tel un phénix au début des années 80 suite à la rencontre imprévue entre Vline Buggy et ... Julien Lepers !
Ce dernier partageait alors son temps entre RMC en qualité d'animateur et son piano en celle de compositeur.
Après avoir quitté RMC il va forcer la porte de Vline Buggy, auteur star de la chanson française ("Les bals populaires" de Sardou et "Les portes du pénitencier" par notre Johnny national). Elle écoute trois heures durant ses compositions qu'elle adore. La musique de Julien va l'inspirer pour tout un album.

En quête d'une voix pour personnaliser ses idées créatives, Vline propose à Julien le nom d'Herbert Léonard. Lepers exulte !

Vline connaît Herbert depuis 1967. Elle aime son feeling, son physique, sa timidité, sa présence.
Le trio se forme et commence à travailler quotidiennement. Une maquette deux titres, piano-voix, va naître et l'alchimie fonctionne à merveille : "Pour le plaisir" et "Blue Street" émeuvent l'équipe mais personne, des producteurs indépendants aux multinationales, n'accroche sur ce subtil mélange de mélodie populaire, d'ambiance disco et de sensualité à fleur de peau.
Herbert, Vline et Julien trouvent un allié en la personne de Bernard Estardy, arrangeur et ingénieur du son phare de l'époque qu'Herbert a rencontré en 1967.
Vline passe l'été au Cap Corse et écrit, à l'avant du bateau de son mari "Petite Nathalie" et "Suzie m'attend". A trois jours d'entrer au studio CBE, elle casse sa tirelire et devient productrice et éditrice du projet.
C'est finalement chez Polydor que la sortie discographique est prévue.
Le dynamisme promotionnel et l'implication de Jacques Metgès aident à imposer Herbert Léonard aux radios et aux télés.

"Pour le plaisir" (1981) devient un gigantesque tube, vendant plus de deux millions de 45 tours et 250.000 albums !

C'est parti. Les disques, les tournées, les tournages de clips, les plateaux télé vont se succéder à une vitesse vertigineuse.
Herbert va traverser une décennie prodigieuse, connaissant les dernières heures de gloire du vinyle, l'explosion du laser et de la pub télé ainsi que l'entrée en force dans la grande distribution.
Cette image variété populaire, Herbert Léonard va l'affiner, la travailler, pour créer son véritable univers concocté autour de l'amour, de l'érotisme et de la sensualité.
L'album "Ca donne envie d'aimer" (1982) va décrocher l'or.

Herbert et Vline passent ensuite chez Carrère.
Tout artiste connaît dans sa carrière un moment d'échange privilégié qui parfois se matérialise par la fusion de deux voix, deux timbres, deux personnalités. Ainsi le duo avec Julie Piétri va-t-il propulser les "Amoureux fous" (1983) sur orbite, disque d'or.

"Commencez sans moi" est publié en 1984 et inclut "Des raisons d'espérer" et "J'ai peur pour elle" co-écrit par Vline et Jeff Barnel (parolier entre autres de Dalida).
Un an plus tard, Vladimir Cosma "convoque" littéralement Herbert pour le générique de la série "Châteauvallon".
Il n'envisage en effet aucun autre chanteur pour l'interprétation de "Puissance et Gloire" (1985), titre désormais incontournable du répertoire d'Herbert.

Reconnu et apprécié dans l'hexagone, Herbert Léonard n'en oublie pas moins les autres membres de la communauté francophone. "Flagrant délit" (1986) est un énorme tube dans la "Belle Province" et vaut à Herbert le Félix d'Or 87 de l'artiste francophone au Québec.
Accaparé par ses prestations d'animateur radio et télé, Julien Lepers laisse à Herbert l'opportunité de s'exprimer musicalement.
Ce dernier compose quatre des dix titres de leur quatrième collaboration intitulée "Laissez-nous rêver" (1987, WEA) dont le phénoménal "Quand tu m'aimes".
Illustré par un clip réalisé par Daniel Vigne, le "triangle d'or" marquera toutes les mémoires.
Dans la même veine, "Tu ne pourras plus jamais m'oublier" exacerbe la virilité du timbre et la puissance de la voix. Deux titres composés par Lepers sont un tournant dans la carrière d'Herbert : "Sur des musiques érotiques", qui relance parfaitement l'image du French Sexy Lover et "Laissez-nous rêver", plus ouvert et revendicatif.

"Olympia 1988" : c'est la consécration pour Herbert, une osmose sans précédent avec le public et un exercice de voix époustouflant.

Passer de la chair à l'esprit est le propre des amours qui durent. "Je suis un grand sentimental" (1989) clôt avec humour le chapitre des bacchanales avec un clip signé par Pullicino, le futur "Tarentino" de Taratata.
C'est aussi le départ de Julien Lepers vers des horizons définitivement télévisuels.

1991. Sobrement intitulé "Herbert Léonard", le nouvel album est composé, arrangé et réalisé par les deux futurs créateurs de Deep Forest : Eric Mouquet et Michel Sanchez.

Vline Buggy s'entoure d'autres auteurs et de talenteux choristes et musiciens: Carole Fredericks, Yvonne Jones et Christophe Deschamps ... bientôt fidèles de Jean-Jacques Goldman.
Kenny Moore, le pianiste de Tina Turner, hélas décédé depuis, rejoint lui aussi Herbert. Vline signera cependant en solo "Parlons d'amour" et "La liberté des rêves".

Une collaboration très sensuelle et intimiste avec Valérie Dall' Anèse va nous rappeler le tendre duo avec Julie.
Herbert et Valérie nous donnent "Une certaine idée de l'amour" en 1993 sur la compilation éponyme.

Deux années plus tard, Herbert et Vline reviennent à leurs premières amours en faisant à nouveau appel à Bernard Estardy pour "Notes intimes".
L'équipe Goldman - à laquelle s'ajoute Erik Benzi pour les arrangements - est de retour, et d'une tonicité rythmique et électrique à couper le souffle.
Francis Basset, Eric Mouquet et Martine Clémenceau signent des morceaux d'anthologie: "Le plus bel amour", "Vous disiez", "Mets ta robe rouge" et "L'été de tous les plaisirs" réveillent une fois de plus tous nos sens et exacerbent encore cet hommage à la femme sensuelle dont Herbert est incontestablement le chantre.
Herbert est impliqué dans la conception de l'album avec le titre détonnant "Cette conne de jalousie".
Il va aussi composer une musique sur laquelle Vline décrit pudiquement la douleur d'un homme qui a perdu sa femme: "Je serais fou de vouloir l'oublier", magistralement bercé par l'accordéon de Marcel Azzola. "Notes intimes" est indubitablement le plus travaillé, le plus réussi de tous les albums d'Herbert.

En 1998, Herbert nous concocte l'album "Si j'avais un peu d'orgueil", très suave, mélodieux et romantique.
Après trente-sept années d'écriture, dont dix-sept aux côtés d'Herbert, Vline Buggy pose ses crayons et recrute de nouveaux auteurs.
Elle cède son catalogue à EMI Publishing, qui devient éditeur d'Herbert. On y retrouve des compositions de Romano Musumarra ("Une autre histoire", "Regarde-moi") mais aussi d'Herbert ("Pour la première fois" écrite et composée par l'artiste) et bien sûr de ses complices Francis Basset et Martine Clémenceau qui se surpassent littéralement avec l'incontournable et très fédératrice "Solidarité", hymne émouvant à la paix et à la tolérance.
On notera un choix de jaquette très "personnalisé" auquel Herbert n'est pas étranger.
En bref, un album qui fait planer.

L'implication d'Herbert Léonard au sein de l'équipe de la comédie musicale "Notre-Dame de Paris" en tant que Frollo (à l'origine interprété par Daniel Lavoie) est l'occasion de la sortie d'une compilation "liftée" pour l'an 2000.
Juste avant de faire partie de la troupe, Herbert enregistre "Ils s'aiment", titre éponyme de l'album.
On y retrouve des titres de "Notre-Dame de Paris" et un inédit, "Demain matinée", clin d'oeil humoristique aux tournées d'Herbert en France et au Québec.

Herbert repense alors à son implication dans divers génériques télé tout au long de sa carrière ("Docteur Caraibes", "Châteauvallon", "Les chevaliers du ciel").
De manière très originale et personnelle, mais aussi sur une suggestion de toute l'équipe de TF1-Une Musique, Herbert va sélectionner des génériques très connus : "No tears, no regrets" qu'il va adapter en français, "L'amour en héritage" de Nana Mouskouri, "Les coeurs brûlés" de Croisille ou encore "L'amour est artiste" de Corinne Hermès.
Il va alors réinterpréter onze titres avec brio, aidé de Bernard Estardy pour les arrangements et de Rocky Demelemester pour les guitares.
Sa nouvelle version de "Puissance et gloire" est d'une tonicité fulgurante et TF1-Une Musique, producteurs de l'album, adoptent sa version de "Navarro blues", désormais générique de la série éponyme sur la première chaîne.

Mais Herbert, plus motivé que jamais, ne s'arrête pas là.
Bernard Estardy a encore renoué sa collaboration avec Herbert pour la conception d'un album plus mélodieux que jamais : "Aimer une femme" que la sélection de 14 chansons illustre.
Ce disque est dans les bacs depuis novembre 2002.

Alors revivons ces instants de bonheur intense, de souvenirs, de pensées diverses, des plus sentimentales aux plus érotiques et réécoutons Herbert Léonard, encore et encore et toujours.

Rien que pour ... notre plaisir.

Herbert Léonard













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